À SAINT-ÉMILION, TOUJOURS FIDÈLE


Bien que la façade pignon soit impressionnante, presque solennelle, bien qu’il y ait une tour à l’arrière, le château garde pourtant la simplicité d’une maison de famille.

Vitres à petits carreaux, odeur de cire et épais rideaux : Luc et Arnaud d’Arfeuille accueillent à La Serre dans une atmosphère intime et chaleureuse.

Un nom associé
à la Rive Droite

« À Saint-Émilion, toujours fidèle » : la famille d’Arfeuille a fait sienne la devise de la Jurade de Saint-Émilion. Et pour cause, elle est présente dans la cité médiévale depuis trois générations. C’est en 1956 que Bernard d’Arfeuille, négociant en vins sur les quais de Libourne, fait l’acquisition du Château La Serre. Son fils aîné Luc d’Arfeuille lui succède en 1970. Il entreprend un long travail de rénovation qui hisse La Serre parmi les grands de l’appellation. Il est rejoint en 2013 par son neveu Arnaud.

Une longue histoire

Trois générations et plus de soixante millésimes signés d’Arfeuille, cela finit par compter, même au regard de la longue liste de propriétaires. Dans un passé récent le cru a appartenu à la famille Marcon (à partir de 1868), Albert Macquin (1887), qui a uni pour un temps La Serre au domaine de Pavie, Yves de Coulon (1948), Émile Hierf (1949).

Si on regarde plus en arrière, l’histoire du lieu s’étire sur deux millénaires. Car les terres du cru actuel étaient peut-être vouées à la vigne dès l’Antiquité. On sait avec plus de certitude que les moines franciscains du Couvent des Cordeliers les ont cultivées à leur tour, au 15e siècle. Le château actuel a probablement été construit à la fin du 17e par Romain de Labayme, époux de Madeleine de Sèze et sieur de Lasserre. Sa famille « a compté quantité de jurats, d’avocats au Parlement et cinq maires de Bordeaux du 16e au 18e siècle », précise Bernard Ginestet dans son ouvrage dédié à Saint-Émilion.

C’est une passion heureuse qui lie la famille d’Arfeuille à La Serre. D’une certaine façon, tout ce qui est entrepris ici, dans la vigne, dans les chais, tient compte de la dimension historique et patrimoniale du lieu.